Je connaissais l’auteur sous son nom d’auteur de bandes dessinées, Fabcaro, avec des BD pleines d’humour décalé : « Zaï Zaï Zaï Zaï« , « La Bredoute« , « Et si l’amour c’était aimer?« , « Moins qu’hier (plus que demain)« , « Formica« , « Open Bar 1ere tournée » mais c’est la première fois que je lisais un roman de lui et je ne suis en général pas très cliente des romans drôles mais là, je dois dire que j’ai ri plusieurs fois à voix haute dans ma voiture et souri de nombreuses fois! Alors je crois que c’est une réussite!
La base de ce roman c’est la vie d’un homme ordinaire, marié, deux enfants adolescents, un pavillon avec des voisins, des amis et des collègues… Une vie simple mais qui prend un tournant particulier pour lui le jour où il reçoit l’enveloppe bleue de dépistage du cancer colorectal qui est envoyée par l’Assurance Maladie à toutes les personnes âgées de 50 ans… Or il a 46 ans et cela le perturbe complètement!
Tous ses questionnements et ses obsessions sont très drôles, tout comme ses relations aux autres. Sa fille et son chagrin d’amour, son fils et ses dessins obscènes fait en classe, la prof de son fils pour qui il a un petit coup de coeur, son collègue qui n’est pas très doué en drague, les voisins avec qui il préférerait ne pas avoir des apéros à intervalles réguliers et les amis avec qui il n’est pas sûr d’avoir tellement de points communs… Des petits tracas de la vie quotidienne racontés de façon très drôle, d’autant que plane toujours au-dessus de sa tête la question de pourquoi il a reçu cette enveloppe 4 ans trop tôt?
Mon premier éclats de rire était quand le personnage principal raconte que leur couple d’amis veut partir en vacances avec lui et sa femme pour faire du paddle à Biarritz : « Du paddle à Biarritz. Si je devais établir une liste de mes vacances idéales, le paddle à Biarritz avec un couple d’amis n’apparaîtrait pas sur la feuille, ni au dos, ni dans le cahier tout entier. Le soir où il avait lancé cette idée, tout le monde était emballé, c’était l’idée du siècle, du paddle à Biarritz, youhou, champagne. Moi-même j’arborais un sourire franc pour ne pas détonner dans l’effervescence ambiante, un sourire de photo de mariage, sans même savoir ce que signifiait le mot paddle, quoique pressentant qu’il avait de bonnes raisons de ne pas faire partie de mon vocabulaire. En rentrant, j’avais tapé paddle sur Google images, et mes appréhensions s’étaient vus confirmées : on me proposait d’aller ramer debout sur une planche en caleçon de bain avec des gens, et je me suis aussitôt vu, le dos courbé sur un paddle qui n’avançait pas, voire reculait, transpirant et rougeaud, le visage grimaçant de douleur et d’effort, tentant de rattraper à vingt mètres devant moi Denis et ses pectoraux fermes et tendus sous le vent océanique. »
Je recommande ce roman et notamment la version audio très bien lu par Benjamin Lavernhe.
Et clin d’oeil : à force d’entendre parler de l’enveloppe bleue, ça m’a motivée pour enfin faire le test de dépistage qui trainait chez moi depuis septembre… Et heureusement car je dois maintenant faire une coloscopie (c’est moins drôle, mais au moins ce roman drôle aura été à l’origine de ce contrôle).
