Par ici la bonne soupe! Soupe aux deux celeris

Il existe deux céleris : le céleri en branche (les branches et les feuilles) et le céleri rave (la « boule » la racine, un des légumes les plus laid au monde 😉

Moi j’en fait une soupe super bonne :

 

Ingrédients (pour 6 personnes) : 1 céleri rave (une boule), une botte de céleri en branche, 2 pommes de terre, beurre, 2 cubes de bouillon de volaille, crème fraîche.

> Retirer la peau du céleri rave et le couper en morceaux.

> Enlever les feuilles du céleri en branche et le couper en morceaux.

> Éplucher les pommes de terre et les couper en morceaux.

> Faire revenir quelques minutes les légumes dans une cocotte avec du beurre.

> Ajouter 1 litre d’eau (couvrir les légumes d’eau) avec les 2 cubes de bouillon, saler et poivrer.

> Faire cuire à couvert pendant environ 25 mn.

Pour mouliner la soupe, il y a la méthode « vite fait » au mixeur (ou pied à soupe), mais comme le céleri en branche laisse un peu des « fils » il faut mieux prendre le temps de passer la soupe au moulin à légumes (ou presse purée) , c’est bien meilleur.

> Ajouter 2 cuillères à soupe de crème fraîche en réchauffant la soupe en remuant bien.

« La main verte » de Hervé Bourhis

Un jour ordinaire en France à une époque qui pourrait être la nôtre, la crise économique et écologique a atteint un tel niveau qu’il y a une pénurie de pétrole avec pour conséquence la fin forcée de l’utilisation des voitures et une hausse spectaculaire des prix.

Herbert Bori, dessinateur de bandes dessinées prend la situation un peu à la légère au début mais il finit par perdre son travail pour cause de crise (« …auteur de bandes dessinées. Un petit métier disparu comme pompiste, rémouleur ou éleveur de mammouth. »). Il devient alors « vélo-taxi », un nouveau métier…

Et quand avoir son propre potager n’est plus un luxe mais une question de survie, il doit mettre sa fierté de côté et aller demander de l’aide à son père. C’est le début d’un voyage avec son fils, en vélo-taxi, un « road movie » entre Bordeaux et Tours.

Sous couvert de situations cocasses, Hervé Bourhis nous peint une société pas si irréaliste que cela dans le contexte actuel. L’écologie et l’économie sont étroitement liées et en cas de crise notre quotidien en serait (sera?) dramatiquement modifié

J’ai beaucoup aimé le scénario, rythmé, plein d’humour et de réalité. Le dessin aux couleurs mates entre le rouge brique et le sépia en passant par des gris et des verts est aussi très intéressant.

Merci à Véronique et aux Éditions de m’avoir fait parvenir cette Bande Dessinée!

« Poussière rouge » de Gillian Slovo

Dans ce roman, on découvre l’Afrique du Sud de l’après-apartheid à l’heure des commissions Vérité et Réconciliation durant lesquelles les anciens bourreaux peuvent être amnistiés à condition de reconnaître publiquement leurs crimes face à leurs victimes. C’est donc aussi un retour sur les heures noires de ce pays : racisme, arrestations abusives, tortures…

Sarah, une jeune avocate qui avait quitté l’Afrique du Sud depuis des années a été appelée par son mentor, Ben, un avocat en fin de vie qui a passé une grande partie de sa carrière à prendre la défense des noirs. Elle représente Alex Mpondo, victimes de Dirk Hendricks lors d’une commission Vérité et Réconciliation avec comme objectif second d’en apprendre plus sur la disparition à la même époque de Steve Sizela, compagnon de lutte de Alex.

Mais ce n’est pas si simple de juger cette époqueLes coupables qui se disent victimes d’un système se confrontent à des victimes qui se sentent coupables. Les raisons pour demander pardon sont-elles toutes bien fondées et le retour sur le passé est-il toujours bénéfique à ceux qui ont souffert? La situation est très compliquée.

Ce roman est très riche culturellement et historiquement. Il permet de mieux comprendre ce pays. Les personnages sont très bien présentés avec leurs failles et leurs relations complexes. De plus, le côté « enquête » sur le passé rend l’ensemble vraiment passionnant.

C’est un roman jeunesse (grands ados, à mon avis) qui peut vraiment être lu par tous!

Merci à Bulise la Fantômette pour ce cadeau offert lors de notre Private Swap! C’était une très belle découverte!

Edit : Zarline m’apprend dans les commentaires qu’un film a été tiré de ce roman : « Red Dust » de Tom Hooper avec Hilary Swank, datant de 2004. Je n’ai pas trouvé de bande annonce… Mais je pense que je vais essayer de trouver le DVD!

Les belles choses que porte le ciel : Dinaw Mengestu

Sépha Stéphanos est un immigré éthiopien qui vit aux États Unis depuis 17 ans. Il vit dans un quartier plutôt défavorisé de Washington et y tient une épicerie un peu décrépie. Il a deux amis, eux aussi immigrés africains, avec qui il refait le monde -au sens large ou au quotidien- et « s’amuse » à lister les dictatures et les coups d’états en Afrique. Ils se soutiennent mutuellement.

Sépha est le narrateur de ce récit sur sa vie, son désenchantement. Il va et vient dans le temps pour nous parler de lui. Il parle de sa vie actuelle dans son quartier qui change et la façon dont il semble enfin se trouver. Il fait des incursions dans le passé, en Éthiopie qu’il a quitté pour des raisons politiques et familiales dans des conditions dramatiques. Il évoque ses premiers temps aux États Unis auprès de son oncle et de ses deux amis Kenneth et Joseph et enfin il raconte l’évolution d’une amitié ambiguë avec Judith, une femme blanche et aisée nouvellement installée dans le quartier avec sa fille. Il entretient d’ailleurs avec Naomie, la fillette, de relations presque filiales qui sont vraiment touchantes.

Le roman, tout en finesse et en douceur touche à la vie d’un homme qui se cherche, qui ne semble pas vraiment savoir où est sa place dans sa propre vie.

Au-delà de l’histoire personnelle de Sépha, il y a des questions de société très riches qui sont abordées, qui concernent autant les États Unis que l’Afrique et la place des uns et des autres selon leurs origines, qu’elles soient géographiques ou sociales.

J’ai beaucoup aimé ce très beau roman plein de poésie et d’humanité.

« C’est donc ici, la ville où j’ai fait ma vie et où je vis. Il semble maintenant important d’y penser en ces termes. De ne pas la considérer comme une somme de fragments ou de morceaux, mais comme un tout unfié. »

« […] un homme coincé entre deux mondes vit et meurt seul. Cela fait assez longtemps que je vis ainsi, en suspension. »