Swap des copines du Prix de ELLE – ou quand Eva me gâte!!!

Mon expérience du prix des lectrices de ELLE cette année aura été particulière : un peu déçue par mes lectures, je suis quand même ressortie heureuse de l’aventure car je me suis fait de nouvelles amies, que ce soit en virtuel pour celles que je n’ai pas (encore) rencontrées (elles se reconnaîtront 😉 ou celles que j’ai rencontrées à la remise du prix en juin  (elles se reconnaîtront aussi). [J’ai d’ailleurs envie de dire que l’expression « Une de perdue, dix de retrouvées » est particulièrement appropriée à mon expérience personnelle.]

 

Pour clore cette belle aventure humaine et littéraire, il a été décidé d’organiser un swap entre jurées et j’ai demandé à Eva si elle voulait bien être ma « binômette », pas seulement parce qu’elle est comme moi une « Sorjette » mais aussi parce que je sentais part nos échanges, sur Facebook et sur nos blogs, que nous nous entendions bien. Ce qui s’est confirmé lors de la remise des prix : j’avais l’impression qu’on s’était déjà rencontrées! (Bon, on ne s’occupe pas de la différence d’âge, hein : je suis très jeune dans ma tête 🙂

Avant de vous parler de ce qu’il y avait dans le colis, je vais vous raconter ma mésaventure avec La Poste. J’ai reçu un avis de passage dans ma boite aux lettres jeudi, normal, j’étais au travail.

Mais ce n’est pas clair sur celui-ci dans quel bureau de poste je devais aller chercher le colis (et dans ma petite ville il y a deux bureaux). Il n’est plus possible de joindre directement une agence, alors j’ai appelé le numéro national… 3 fois parce que ce n’est pas simple d’avoir des réponses… Personne ne pouvait me dire où était mon colis… J’aurais dû m’en douter quand j’ai entendu le message sur la ligne : « Nos conseillers font le maximum pour répondre à votre demande. Échangeons avec courtoisie et confiance! » Ah oui, ils ont été courtois, mais je ne pense pas que le monsieur qui m’a répondu la dernière fois s’est rendu compte de mon drame quand il m’a dit : « Les colis, on les garde 15 jours, vous savez. Et vous pouvez toujours y aller demain… » Noooooon…. Je le veux maintenant mon swap!!!! 😉

Bref, j’ai finalement récupéré mon colis vendredi après midi!! 

Je suis allée chercher Bastien à l’école et nous sommes allés au parc pour qu’il fasse son goûter et que moi j’ouvre mon colis tant attendu!

Les « consignes » étaient : un livre de la rentrée de septembre 2014, un livre coup de coeur, un livre qu’on aurait aimé avoir dans la sélection Elle, un ou deux objets de papeterie, un ou deux marque-pages, un ou deux souvenirs de vacances, un objet fait main (ou un cadeau surprise), une ou deux gourmandises. On devait s’en tenir à ça mais vous pourrez voir par vous même que Eva m’a vraiment gâtée!!!

 

Ouverture du colis au soleil!

Bastien était là et il disait : »Encore un livre! T’as de la chance, toi qui adores les livres! » et quand il m’entendait dire « Elle est folle! » il me disait : « Pourquoi tu dis ça : elle est plutôt gentille! » 😉

Alors vous voulez voir ça de plus près?

J’ai commencé par la carte qui m’a beaucoup fait rire (et Bastien qui me demandait pourquoi c’était drôle a regardé la carte et s’est écrié « Oh la lampe de papa! » (et oui, mon homme a la même lampe que la dame pour lire au lit 😉

J’en profite pour dire aussi que Eva a une très jolie écriture (et du coup j’espère que je me suis appliquée en écrivant la sienne 😉

 

Il y a un livre de la rentrée littéraire 2014 (j’avais justement très envie de découvrir Joyce Maynard dont tout le monde parle!), un livre qu’on aurait pu avoir dans la sélection ELLE 2014 mais qui n’a pas passé la sélection (j’avais vraiment envie de lire ce livre de Agnès Desarthe!) des coups de coeur d’Eva que j’avais d’ailleurs notés dans ma LAL après avoir lu ses avis sur son blog et « L’histoire de l’amour », un livre que j’avais déjà lu mais que j’avais justement envie de relire car je n’en garde aucun souvenir (c’était avant le blog) à part que je l’avais beaucoup aimé, au point de l’offrir à plusieurs personnes! Je ne vous cache pas que j’ai rarement été aussi gâtée dans un swap : QUE des livres que j’aurai pu acheter moi-même!

 

Un savon anglais dans une belle boite (et il sent très bon, je ne sais même pas si je vais oser l’utiliser!) et un très joli coffret de papeterie avec des petites feuilles et cartes et post-it aux motifs différents, c’est très délicat!

 

Des vernis Kiko de Milan!! (les nailistas comprendront 😉

Eva n’a pas choisi les teintes de vernis avec la bague en tête mais j’ai tout de suite eu envie de faire une manucure assortie à celle-ci qui est superbe!

Voici donc ma manucure « spéciale Eva » 😉

 

 Une commande spéciale faite par Eva à ses parents qui allaient en Irlande (alors moi qui ai fait mon année de licence en Erasmus à Dublin, autant dire que ça me plaît! J’étais contente parce que Bastien ne les aimait pas, mais L’Homme a l’air de les apprécier… zut! 😉

Alors vous vous en doutez, j’ai eu le sourire un bon moment! En rentrant j’ai tout redéballé pour tout regarder de près à nouveau! J’avais l’impression que c’était mon anniversaire!!! 

Je tiens vraiment à remercier Eva pour ce magnifique cadeau (elle m’a un peu menti en disant qu’elle avait été raisonnable 😉 mais je suis plus que ravie! Cela confirme que l’on peut vraiment apprendre à se connaître par écrans interposés. J’espère avoir été à la hauteur! Pour voir ce que je lui ai offert allez faire un tour chez elle. 

Merci Eva et je te dis « à très bientôt « en vrai », j’espère! » 

Grand prix des lectrices de ELLE … And the winners are…

 

Comme vous le savez, j’ai participé au Grand Prix des lectrices de ELLE cette année et j’ai lu de nombreux livres (mais malheureusement j’ai eu peu de coup de cœur…)

La remise des prix a eu lieu jeudi 5 juin (un soir de semaine à Paris, of course, ce qui complique beaucoup les choses pour les provinciales…)  J’ai la chance d’avoir un chef compréhensif qui m’a autorisée à déplacer mes heures de cours à d’autres moments… J’ai donc pris le train à 12h18 jeudi et je suis revenue par le train de 7h30 du matin pour faire cours vendredi après-midi… C’est une incursion express dans le monde « merveilleux » de ELLE 😉 

Samedi 31 mai j’ai reçu un courrier de ELLE m’annonçant les trois lauréats … et me demandant de garder le plus grand secret sur les noms (oui… car bien sûr, si je l’avais dit à mes amies ou collègues, ça aurait sans doute changé le cours des choses pour ELLE…) Il est à noter que les jurées ne venant pas à la remise des prix n’ont pas été informées des résultats, ce que je trouve assez choquant car c’est quand même grâce à elles que ce prix peut être attribué et je trouve vraiment dommage qu’elles ne soient pas impliquées alors que si elles ne viennent pas c’est souvent à regret et je ne vois pas pourquoi elles ne garderaient pas le secret aussi!

Alors avant de vous raconter cette soirée, voici les résultats

Le roman : Je suis contente, c’est le roman que j’ai préféré de la sélection, même si ce n’était pas un coup de cœur)

  

(Cliquez pour avoir mon avis) 

Le document Je suis très contente car ça a été un coup de coeur!

(Cliquez pour avoir mon avis) 

Le polar : Je suis déçue, je l’ai trouvé assez mauvais, que ce soit sur la forme ou le fond… Mais visiblement je suis minoritaire : chez ELLE et parmi les lecteurs vu qu’il rafle tous les prix en ce moment …

(Cliquez pour avoir mon avis)

 

Comme vous le savez aussi, j’ai vécu cette expérience de lectrice bien entourée puisque nous avions un groupe Facebook pour échanger nos avis (nous étions 32 lectrices) et celles qui pouvaient venir ayant très envie de se connaître mieux avant d’être prises par le tourbillon des tables rondes et du cocktail, nous avons décidé de nous retrouver avant chez Ladurée pour mettre des visages et des voix sur des noms! (C’est en grande partie pour ce moment de la journée que je me suis déplacée : j’avais envie de rencontrer « mes copines de ELLE »!!) 

Quand je suis arrivée sur les Champs Elysées, j’ai été accueillie par la Garde Républicaine en train de se préparer, mais un policier a brisé mes illusions en me disant que tout ça était pour l’arrivée de la Reine d’Angleterre 😉 Heureusement, j’ai pu traverser les Champs Elysées pour aller au salon de thé, car peu de temps après c’était impossible!

Je suis arrivée presque la dernière et c’était vraiment étrange et amusant de voir toutes ces « inconnues » : entre celles que je reconnaissais immédiatement par leur photo de profil, celles que je ne pouvais pas reconnaître car elles n’avaient pas mis une photo d’elle sur Facebook et … plus gênant, celles que je ne reconnaissais pas malgré leur photo (désolée les filles mais maintenant, je sais qui est qui 😉 De mon côté, certaines m’ont tout de suite reconnue mais pour d’autres c’était aussi le mystère (et il y a même eu Mior qui s’est étonnée en me voyant car elle m’imaginait « plus rustique »… mais il parait que c’était un compliment (heureusement j’ai de l »humour 😉

Après des bavardages, un thé et un macaron caramel fleur de sel (un seul, car à ma table, mes copines étaient raisonnables alors je n’ai pas fait ma gourmande 😉 nous avons rejoint le salon France Amérique à pied, sous le soleil en longeant des Champs Elysées déserts et calmes (merci Elisabeth!)

Nous avons ensuite rejoint une salle pour les tables rondes avec les auteurs. Avant de commencer, la responsable du prix nous a annoncé les classements des livres en lice. Voici les 3 premiers de chaque catégorie :

Roman 1) Esprit d’hiver (Mon préféré) 2) Sulak (Je n’ai pas aimé!)  3) Petites scènes capitales (Bien) 

Polar 1) Yeruldelgger (Je n’ai pas aimé!) 2) Les impliqués (Mon préféré) 3) La maison des absents (J’ai beaucoup aimé)

Documentaire : 1) Tout s’est bien passé (Coup de cœur) 2) Le parfum de ces livres que nous avons aimés (Bof) 3 ) Et tu danses Lou (Coup de cœur)

Les lycéennes avaient leur propre prix des lectrices de ELLE pour lequel elles ont lu les romans et elles ont élu, ex aequo Sulak et En même temps toute la terre et tout le ciel (Je n’ai pas aimé) : je ne suis donc pas du tout une lycéenne dans l’âme 😉

A ma table, la première intervention était celle d’Emmanuelle Bernheim. J’avais eu un coup de cœur pour son document « Tout s’est bien passé » (C’était ma première lecture pour le prix, j’ai cru que tout serait aussi bon…). Elle a commencé par remercier « celles qui ont mis des super notes mais aussi les autres ».

Elle a parlé de la difficulté de « parler de quelque chose de lourd et douloureux de la façon la plus juste par rapport à ce qu’était [son] père qui était quelqu’un de très drôle, avec beaucoup d’humour mais qui pouvait aussi être quelqu’un de très méchant. » Elle avait envie d’écrire pour elle car cette période lui avait procuré « le sentiment très violent qu’on [lui] avait volé la mort [de son] père », qu’elle avait « été dépossédée de sa mort ». Cette période « a été tellement lourde qu’il n’y avait pas de place pour la peine. » Quand il est mort, elle était « contente parce que c’était ce qu’il voulait mais c’était aussi sa mort alors il y a eu une décompression nerveuse qui l’a emporté sur le chagrin et le travail de deuil ne se faisait pas. »

Elle nous a dit que pour son père, c’était un acte de liberté et que le seul message qu’elle avait envie de passer était qu’elle était contente de laisser la liberté à son père de faire ce qu’il voulait. Elle a aussi expliqué qu’il y a eu quelques précautions légales pour ne pas être accusée de prosélytisme. Elle ne pouvait pas non plus répondre de manière précise aux nombreuses lettres qui lui demandaient des informations sur l’association suisse.

Elle a parlé de sa difficulté à écrire car c’était la première fois qu’elle parlait d’elle et après avoir tenté une approche froide et factuelle mais elle ne s’y retrouvait pas alors elle a « pris de la distance pour que ça devienne vivant et a réussi à passer au « je » en écrivant comme si [elle était] une héroïne. » Elle a fait de sa sœur, son père et elle des personnages de roman.

J’ai beaucoup aimé cette rencontre. Emmanuelle est une belle femme dont le visage s’illuminait d’une belle joie quand elle parlait de son père. Elle a su transmettre  son histoire avec beaucoup d’émotion et échanger avec nous en toute simplicité et avec beaucoup de naturel. Elle a vraiment donné l’impression de passer un bon moment avec nous.

C’était passionnant alors on était attentives 😉

 

Puis les auteurs ont changé de place et comme Laura Kasischke (j’ai appris à cette occasion que ça se prononçait « Kasichkeuh ») n’était pas là pour parler d’Esprit d’hiver, c’étaient son éditrice française, sa traductrice  Aurélie Tronchet, et son agent (?) anglaise qui la représentaient. La discussion a forcément été très différente et ça a plus été un échange entre les lectrices sur ce qu’elles ont ressenti et les avis étaient très divergents. Il y avait celles qui avaient deviné très vite de quoi il retournait ou celles, comme moi, qui se doutaient que quelque chose n’allait pas mais avaient fait des scenarios différents au cours de leur lecture sans deviner avant la dernière page, celles qui avaient beaucoup aimé (c’était mon roman préféré de la sélection) et celles qui avaient détesté! L’éditrice a souligné le fait qu’en choisissant le document de Emmanuelle Bernheim et le roman de Laura Kasischke, nous avions choisi des sujets de société aux résonnances très actuelles, comme l’euthanasie et l’adoption (j’ai aussi évoqué les opérations chirurgicales préventives). Elle a lors dit que Laura Kasischke a sans doute livré ici son roman le plus personnel, le plus intime.

Nous avons aussi parlé de l’auteur en général, de notre perception de ses autres romans. La traductrice aussi parlé de son travail. Je l’ignorais, mais ce roman est sorti en France avant de sortir aux Etats Unis  et donc elle a reçu de nombreuses versions du manuscrit en cours d’écriture au fil des modifications et elle a assisté au processus d’écriture. Par contre, elle n’a pas eu besoin de communiquer directement avec Laura Kasischke car « elle est très claire dans ses images ».

 

Puis c’est Ian Manook qui est arrivé pour nous parler de « Yeruldelgger » (que je n’ai pas aimé…) Quelqu’un l’a accueilli en lui demandant sur le ton de la plaisanterie s’il n’en avait pas marre de gagner tous les prix de polars. Il a répondu qu’il était en effet un peu gêné (mais il nous aussitôt dit que c’était son 6ème prix!). Il nous rappelé que 6 mois auparavant il était totalement inconnu dans le milieu littéraire et dans le monde du polar et qu’il avait écrit ce roman sur un pari.

Quelqu’un lui a demandé pourquoi il avait choisi la Mongolie et il a expliqué qu’il avait une agence de pub et qu’il avait une règle : il fallait être « pertinent et inattendu en même temps » pour quelque chose soit intéressant. Pour être pertinent, il a « choisi d’appliquer les codes du polar (en allant peut-être un peu loin dans la violence et le caricature) et pour être inattendu, [il a] choisi de prendre tous les éléments du monde contemporain et de les mettre dans une culture complètement différente en les transposant dans ce pays [qu’il a] visité quelques années avant ».

C’est alors que j’ai vécu un moment un peu gênant car il a dit qu’il avait été peiné par la personne qui avait dit que son roman était un « roman Wikipédia »… Or c’est moi qui l’ai écrit dans mon billet… Il a donc expliqué en long en large et en travers qu’il avait beaucoup voyagé dans le monde entier, qu’il avait été un beatnik, un vrai voyageur… Il s’est beaucoup justifié de très bien connaître la Mongolie… J’avais un peu l’impression d’assister à une conférence sur ce pays…

Quelqu’un a fini par l’interrompre pour lui demander ce qu’il avait à dire sur la violence envers les femmes. Là-encore,  il s’est justifié en disant qu’il n’avait pas été plus violent avec les femmes qu’avec les hommes et que ses personnages d’hommes et de femmes étaient à égalité. Je suis intervenue pour dire que j’avais trouvé que ses personnages de femmes n’étaient pas des personnages forts. Il l’a réfuté en disant que le personnage du médecin était une femme qui avait une place importante mais je lui ai répondu que c’était plus dans une place de réconfort de l’homme fort…

Je dois dire que je n’ai pas été très convaincue par Ian Manook, j’ai trouvé qu’il était arrivé avec un discours tout prêt, pour argumenter et qu’il n’y avait pas vraiment d’échange possible, c’était très formaté… (peut-être qu’à force d’avoir eu tous ces prix, il avait trop parlé de son livre ces derniers temps)… Je me suis un peu ennuyée…

Ce qui m’a rassurée c’est qu’en discutant avec plusieurs autres jurées, que je ne connaissais pas avant, je n’étais pas la seule à avoir trouvé son roman fouillis, plein d’exagérations et d’incohérences et que la Mongolie n’était qu’un prétexte, un « décor » artificiel sur lequel il a voulu tout dire… Je me suis sentie moins seule! Quant à son intervention, nous sommes nombreuses à l’avoir trouvé très préparée…

Après les rencontres, il y a eu la traditionnelle photo des jurées dans les grands escaliers (que vous devriez trouver dans le prochain ELLE)

 

Puis nous avons eu du temps pour discuter entre jurées ou faire signer nos livres (je n’en avais apporté aucun, l’un est déjà vendu et les deux autres sont prêtés à des amies!) J’étais encore un peu mal à l’aise de la remarque d’Ian Manook alors quand il a été seul, je suis allée le voir. Je lui ai dit, un peu gênée : « La personne qui a parlé d’un roman « Wikipédia »… C’est moi… » Je lui ai expliqué que je n’avais pas dit ça en pensant qu’il avait tout pompé sur Wikipédia, que je ne remettais pas en cause le fait qu’il connaissait bien le pays, mais que j’avais eu l’impression qu’il avait suivi une « check list » de tout ce que l’on « doit » dire pour qu’on se sente en Mongolie et qu’un auteur mongol n’aurait pas eu besoin de le faire, que ça me paraissait « plaqué » mais que c’était peut-être pour mettre en place le lieu et que j’imaginais que ce serait moins le cas dans les romans suivants (ce qu’il a confirmé). J’ai fini par lui dire que peu importait que j’ai aimé son livre ou pas, j’étais embêté de lui avoir fait de la peine. Il a eu l’air content que je vienne en parler avec lui et s’est montré sympathique!

Puis nous avons été rejoints par le gratin littéraire pour la remise des prix. Les lectrices, surnommées « les patronnes », ont été remerciée puis Laura Kasischke nous a remerciées par vidéo ainsi que son éditrice. Emmanuelle Bernheim est venue et a été très émouvante en invitant sa soeur à venir avec elle en disant que ce livre était leur histoire à toutes les deux et ce prix était aussi le sien : très joli moment vraiment!

 Ian Manook a lui fait un discours un peu théâtralisé dans lequel il a surtout (encore) répondu aux critiques qui avaient été soulevées sur la violence…

 

(Admirez mon gilet et ma bague « rose-prix de ELLE » 😉

Pendant cette remise des prix j’ai parlé avec ma voisine qui était jurée aussi et qui regrettait vraiment de ne pas avoir connu notre groupe Facebook car elle s’était sentie un peu seule dans cette aventure. Je lui ai donc proposé de se joindre à nous pour le cocktail.

Nous avons bu un peu de champagne (deux coupes, ou était-ce trois?) et mangé de bonnes choses (à un moment donné j’étais à côté du buffet avec des copines et nous avons parfaitement profité des petites douceurs… (Gourmandes,  nous?) Nous en avons surtout profité pour beaucoup bavarder de tout et de rien, et rigoler. On a très souvent eu l’impression de se connaitre depuis longtemps et on a regretté l’absence de nos autres copines (Vous nous avez manqué les filles!)

 

 

Je suis très mauvaise pour repérer des auteurs ou des « gens connus » mais je ne pouvais pas rater Amélie Nothomb portant grand chapeau et j’ai reconnu Caryl Ferey que j’avais « rencontré » aux tables rondes du Prix de ELLE 2009! Mais surtout, je suis tombée par hasard sur Philippe Lefait (que j’ai reconnu pour l’avoir vu à la télévision!) et Pom Bessot et j’ai osé les arrêter pour leur dire que j’avais eu un coup de cœur pour « Et tu danses Lou ». Je leur ai dit que j’avais été très touchée et que j’avais beaucoup pensé à mon amie, maman d’une petite fille handicapée et que je lui avais prêté. J’ai raconté qu’elle avait eu elle aussi un coup de cœur car elle s’était reconnue dans leur texte et qu’elle l’avait ensuite acheté pour elle. Je leur ai dit que je voulais prendre mon exemplaire au cas où je les croisais ce soir pour le lui faire dédicacer mais que je ne l’avais plus car je l’ai prêté. Je leur ai d’ailleurs dit que ce n’était pas très « rentable » pour eux car j’avais déjà prêté plusieurs fois mon exemplaire (ce qui les a fait rire) mais que toutes les personnes avait aimé!. Ils m’ont alors immédiatement proposé que Nelly leur envoie son livre pour qu’ils lui écrivent une dédicace et ils m’ont donné leur adresse. Je leur ai aussi dit que j’avais trouvé leur témoignage à la fois personnel et intime et en même temps universel. J’ai beaucoup aimé cet échange bref avec eux, je les ai trouvé très abordables et visiblement touchés que je leur transmette mon ressenti. Je suis heureuse d’avoir pu le faire en mon nom et au nom de mon amie.

Et puis je suis rentrée en métro chez mon amie très accueillante qui m’hébergeait pour la nuit. Nous avons papoté de tout et de rien, c’était vraiment une bonne fin à une bonne soirée : merci Yza!!

Alors pour conclure sur cette expérience du prix des lectrices de ELLE, je dois dire qu’il y a un peu de négatif et beaucoup de positif! Le négatif c’est, de mon point de vue, une sélection assez médiocre. Je regrette beaucoup de n’avoir pas eu plus de coups de cœur et si je compare avec mon expérience de 2009, je suis déçue (et le soir de la remise des prix, des jurées qui ont participé en 2010 et 2011 avaient le même sentiment…) et puis aussi, cette fois j’ai eu un peu plus de mal à lire sous la contrainte avec une date butoir. Par contre, le positif, c’est quand même cette petite excitation mensuelle en recevant un colis de livres à découvrir et puis les discussions et rencontres virtuelles grâce à notre groupe Facebook et par les blogs, je pense que certaines resterons de « vraies » copines. Et puis, cette soirée c’est vraiment le moment magique! Alors pour l’instant je dirai que je ne recommencerai pas dans 3 ans… Mais comme me le disait une copine jurée… « On en reparle dans 3 ans » 😉 

 

Alors pour finir (ENFIN!!! C’était long, hein?!)… j’embrasse mes co-jurées, que je les ai rencontrées en vrai ou pas!

Si je ne me trompe pas, jeudi, nous étions 22 (j’espère n’avoir oublié personne mais entre les vrais noms et les pseudos, pas simple 😉 

Ankya, Blandine, Cécile, Charlotte, Dominique, Eva, Fleur, Kirili, Laure, Marie, Marie L, Marie-Hélène, Marjorie, Martine (On attend ton blog, maintenant qu’on t’a trouvé un titre et un pseudo ;-), Mathilde F, Mior, Meely (que j’ai juste aperçue de loin malheureusement),  Muriel (ma copine de petits fours ;-), Natalie, Pascale, Tynn (qui n’était pas à Ladurée mais qui m’a reconnu : je suis contente de t’avoir vue !)

Dans le jury de septembre, il y avait  Valérie et Meelly et Dominique et Charlotte

Dans le jury d’octobre, il y avait Mathilde

Dans le jury de novembre, il y avait Ankya et Awa et Musme

Dans le jury de décembre, il y avait Natalie et Galéa et Julie et Eva

Dans le jury de janvier, il y avait moi, Enna et Marie L et Tynn et Kirili et Virginie et Marie-Hélène

Dans le jury de février, il y avait Mathilde F et Mior et Martine et Blandine

Dans le jury de mars, il y avait Marjorie et Pascale et Ségolène et LaureMicmélo

Dans le jury d’avril, il y avait Marie et Fleur et Bianca et Ilham et Cécile et Muriel

J’en profite pour remercier celles à qui j’ai piqué des photos car si quelques unes sont à moi, je n’ai pas été très douée avec mon appareil photo!

ELLE et moi c’est fini!

Au mois de juin, j’apprenais que j’étais parmi les 120 lectrices qui allaient lire pour choisir un roman, un polar et un documentaire qui gagneraient le  (en cliquant sur le logo vos trouverez le billet sur lequel je vous renvoie vers certaines autres lectrices)

La grosse différence avec ma participation en 2009, c’est que cette année, nous avions un groupe privé sur Facebook pour échanger sur nos lectures de ELLE (et sur plein d’autres choses!) Je ne vous cacherai pas que comme toutes micro-sociétés il y a eu des prises de bec pas toujours agréables mais il y a aussi tellement de beaux moments partagés que j’ai surtout l’impression d’avoir fait de belles rencontres! J’ai plein de nouveaux blogs à suivre dans mon feedly et j’ai très envie de rencontrer toutes ces personnes que je ne connais que virtuellement!

La remise des prix a lieu le 5 juin (un jeudi… c’est tellement plus simple pour les gens qui travaillent et qui habitent loin!) et j’ai du négocier un peu au travail pour pouvoir y aller… Mais je suis très contente de pouvoir y aller pour rencontrer les auteurs lauréats, manger des petits fours avec du champagne offerts par ELLE mais, vous l’aurez bien compris, surtout pour rencontrer mes copines de ELLE que j’ai vraiment envie de voir « pour de vrai »!! Et ça n’était pas gagné car j’étais convoqué à un examen toute la journée de jeudi mais j’ai appris hier que mon chef (très gentil!) avait réussi à me faire remplacer et a accepté de me libérer le jeudi après-midi et le vendredi matin 😉

Je ne suis pas sure que ce soit une expérience littéraire que j’ai envie de revivre mais l’expérience humaine m’a beaucoup plu!

Alors qu’est-ce que j’ai lu cette année?

Et bien ça : 

Je suis honnête : je n’ai pas tout lu en entier, partant du principe qu’un livre qui me tombe des mains aux deux tiers ne risque pas de s’améliorer en me forçant plus et il y en a même un que je n’ai pas du tout réussi à me résoudre à lire (ce que j’ai expliqué aux organisatrices et que je n’ai pas noté).

J’appréhendais beaucoup les documentaires que je ne lis pas en temps normal et curieusement, c’est dans cette catégorie que j’ai eu des coups de coeur! Vous noterez que je n’ai pas dit « que j’ai eu le plus de coups de coeur » car je n’ai pas eu de coups de coeur pour les romans et les polars (alors que je me souviens avoir eu beaucoup de coups de coeur en romans en 2009).

Alors quel est mon top 3??

Voici ceux que je serais contente de voir gagner (Je vais ruser en mettant parfois des ex-aequo) 😉

Cliquez sur les images pour lire mes avis.

Dans la catégorie roman : 

N°1

 

N°2

 

n°3

 

Dans la catégorie Documentaire :

n°1

 

n°2

 

n°3

 

Dans la catégorie Polar :

n°1

 

n°2

 

n°3

 

Alors quel est mon flop 3??

Voici ceux que je serais vraiment mécontente de voir gagner (sans ordre de non-préférence)

Cliquez sur les images pour lire mes avis 

Dans la catégorie Roman : 

 

Dans la catégorie Documentaire :

 

 

Dans la catégorie Polar :

 

 

Je suis contente de retrouver ma liberté de lectrice, surtout la liberté de ne pas avoir une date butoir pour rendre un avis, ce qui commençait à me peser (j’ai d’ailleurs fini très en retard…) mais j’ai quand même aussi apprécié de découvrir des univers et des lectures vers lesquels je ne serais sans doute jamais allée toute seule! Si vous voulez vous aussi vous lancer dans l’aventure, c’est ici qu’il faut aller! Vous avez jusqu’au 8 mai!

Et pour lire les bilans des copines, c’est ici : Coralie, Eva, Galéa, MarieMarjorie, Virginie,

Et comme j’ai aimé de nombreux lauréats du prix de ELLE au fil des années et que j’aime bien les échanges, je vous propose un challenge collaboratif, illimité et rétroactif : 

 

« Je suis interdite » de Anouk Markovits

 

Le roman commence en 1939 en Translyvanie lorsque deux enfants issus de deux familles juives très religieuses et respectées se retrouvent orphelins après que leurs parents aient été massacrés par les Nazis.

Joseph est envoyé en Amérique pour étudier dans une yechivah–école religieuse juive- et Mila, elle, est recueillie, adoptée comme leur fille par la famille Stern dont le père est un homme très religieux, rabbin très respecté et pilier de la communauté hassidique –une partie extrêmement orthodoxe de la religion juive- qui respecte à la lettre les textes religieux.

Le roman raconte d’abord l’enfance et la vie à Paris de Mila et de sa sœur adoptive Atara, la fille Stern qui commence à émettre des doutes sur la légitimité du mode de vie dans lequel elle évolue, qui remet en questions les vérités assenées par son père et qui a de plus en plus de mal à supporter la place des femmes, notamment vis-à-vis de l’interdiction de faire des études. Elle essaie d’ouvrir les yeux de Mila mais en vain et cette dernière se retrouve fiancée très jeune.

Puis, le roman nous emmène aux Etats-Unis, dans un quartier hassidique où Mila est allée s’installer après s’être mariée avec Joseph, celui qui l’avait sauvée toute jeune. Ils respectent avec ferveur toutes les règles de la religion qui régissent les moindres aspects de leur vie de couple jusque dans leur intimité (notamment les relations sexuelles et les moments où la femme est considérée « impure » et donc « interdite » à son mari et la procréation…)

La religion a un poids énorme et fait souffrir les membres de cette famille dont on suit l’évolution sur plusieurs générations. Des choix –des écarts à la religion- ont des conséquences irrémédiables, digne de la malédiction, pour cette famille.

J’ai beaucoup aimé ce roman, tout d’abord parce qu’il m’a fait découvrir un monde que j’ignorais –les « intégrismes » religieux sont assez effrayants quelque soit la religion. C’est aussi un roman qui pointe du doigt la manière dont sont traitées les femmes –des machines à procréer laissées dans l’obscurité intellectuelle. Et par des personnages féminins qui sortent de ce système ou qui commencent à le questionner, ce roman permet de montrer que l’esprit humain n’est pas forcément entièrement conditionné.

Lu dans le cadre du  2014

D’ailleurs vous pouvez aller fouiner sur les blogs des copines jurées de ELLE : 

Ankya,  AwaBiancaBlandineCécile

Eva, FleurGaléa, Kirili

MarjorieMarieMeelly, Micmélo

MiorMusmePascale,

TynnValérieVirginie

 

« Le parfum de ces livres que nous avons aimés » de Will Schwalbe

Will Schwalbe raconte les derniers moments passés avec sa mère, en phase terminale d’un cancer. Mais loin d’être un livre larmoyant, c’est plus une ode à l’espoir. Will et sa mère Mary Ann ont une relation très forte –c’est d’ailleurs une famille très unie- et ils ont toujours beaucoup partagé- mais ces moments liés à la maladie sont l’occasion de parler d’un sujet qui les passionne tous les deux : leurs lectures. Ils parlent de livres qu’ils lisent, qu’ils ont aimé, ils échangent. C’est d’ailleurs très dommage que le titre anglais n’ait pas été conservé : « The end of your life book club » (« Le club de lecture de la fin de ta vie ») qui est non seulement plus joli mais plus proche du contenu du livre.

C’est une histoire d’amour pour les livres mais surtout une histoire d’amour d’un fil pour sa mère. Mary Ann Schwalbe est une femme assez extraordinaire : impliquée dans de nombreux projets essentiels dont le dernier, qu’elle mènera malgré la maladie : la création d’une bibliothèque à Kaboul. Elle a toujours été très impliquée auprès des réfugiés. C’est une femme ouverte d’esprit et investie dans tout ce qu’elle entreprend…

Et pourtant, malgré toutes les qualités que je peux reconnaître à ce livre, je dois dire que je n’ai pas pu aller au bout de ma lecture parce que j’ai fini par me lasser…

La relation mère-fils parfaite (« Maman et moi » à toutes les pages) devient presque caricaturale, les relations familiales semblent idéales (vous en connaissez beaucoup des familles avec 3 enfants adultes où tout le monde s’entend à merveille et où il n’y aurait aucun conflit vous ?). La mère est PARFAITE aussi, jusque dans sa gestion de sa fin de vie… elle finit même par paraitre un peu « donneuse de leçon » et même les évocations des livres ont fini par me lasser…

En fait, si le livre s’était arrêté à la page 250, j’aurai sans doute plus apprécié ma lecture mais l’idée qu’il fallait que j’en lise encore un tiers a été au-delà de mon envie : j’étais un peu écœurée comme devant un gros gâteau trop sucré et coloré –j’ai finalement trouvé l’ensemble un peu dégoulinant de mièvrerie… J’ai trouvé tout cela un peu « trop » : dans un roman de fiction on aurait trouvé cela irréaliste. J’ai aussi pensé à mon fils de 4 ans et demi qui me dit souvent « Maman, tu es la plus merveilleuse des mamans du monde »… J’espère qu’à 40 ans passés il tiendra un autre discours.

Dommage car ce roman montre la fin de vie sous une lumière positive ce qui ne peut qu’apportera du réconfort à certaines personnes.

Lu dans le cadre du  2014

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Lecture « objet » pour ma ligne générale du 

J‘inscris ce texte au Défi Livres de Argali 

« Yeruldelgger » de Ian Manook

Cette histoire nous emmène en Mongolie auprès d’un commissaire au nom imprononçable, Yeruldelgger. Ce dernier a été prévenu par des nomades qu’ils avaient trouvé le corps d’une petite fille enterrée vivante 5 ans auparavant et au même moment à Oulan Bator, on découvre les corps de chinois émasculés et de prostituées humiliées jusque dans la mort.

Yeruldelgger est un homme blessé depuis la mort de sa petite fille, il est intègre mais en colère et devient très facilement violent… Ses relations aux autres sont soit dans le conflit soit dans une certaine distance. L’enquête les entraîne vers un groupe qui vénère Hitler mais aussi vers plein d’autres pistes… On retire les enquêtes au commissaire mais sa collègue Oyun continue de mener l’enquête très efficacement alors qu’il est parti se ressourcer dans un temple…

L’enquête part dans tous les sens… La manière dont sont découverts certains indices est vraiment peu claire, il y a des moments où le hasard est vraiment trop présent. J’ai d’ailleurs trouvé la plupart des situations et la manière dont évolue l’enquête complètement tirés par les cheveux et je lisais en levant les yeux au ciel (surtout les scènes avec le jeune Gantulga qui sont souvent complètement irréalistes…) Je n’arrivais pas à m’attacher aux personnages à cause de cela. Et puis, on dirait que dans tout le pays, il n’y a que quatre ou cinq policiers, deux ou  trois bons, honnêtes et courageux et deux complètement corrompus et malhonnêtes, ce que j’ai trouvé complètement caricatural…

Quant au voyage en Mongolie, là encore il devrait être un atout du roman : les plaines sauvages, les traditions ancestrales, le thé salé au beurre et yourtes, expériences chamaniques et moines bouddhistes … Une amie a utilisé une expression un jour pour parler d’un roman qui se passait dans un pays qu’elle connaissait bien en disant que c’était un « roman wikipédia » et j’ai envie d’utiliser cette expression ici : tout y est, on a tout ce qui « fait » mongol mais j’ai trouvé ça faux ou en tout cas, j’ai trouvé que cela ressemblait à un étalage de tout ce qu’on s’attend à lire sur la Mongolie…mais j’ai vraiment eu l’impression de regarder une carte postale de clichés…

J’ajouterai que la violence est très importante mais surtout envers les femmes.

Je ne suis donc pas du tout emballée par ce polar.

Une petite vidéo amusante où l’auteur nous apprend à prononcer le litre de son livre… J’avoue que je ne sais toujours pas le dire ni même l’écrire de tête!

 

Lu dans le cadre du  2014

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« Ailleurs » de Richard Russo

 

Richard Russo écrit une autobiographie mais c’est aussi une biographie de sa mère  car c’est très centré sur sa relation avec elle. Cette mère pleine de contradictions est à la fois une femme forte qui se veut indépendante et une femme très fragile et pleine de névroses. Richard Russo doit assumer les difficultés, les incapacités de sa mère à vivre normalement et surtout à vivre sans lui sans pour autant réellement admettre que la situation n’est pas tout à fait normale avant que Jean, sa mère, ne soit décédée. De déménagements en déménagements, il doit assumer pour elle une sorte de confort dans sa vie car ne semble pas capable de s’installer réellement quelque part. Si ce portrait montre Jean Russo sous un jour assez tyrannique -elle l’a sans doute été au cours de sa vie auprès de son fils (et toute mon admiration va à la femme de Richard Russo qui a accepté que la relation entre son mari et sa mère régente leur vie de famille)- c’est surtout une déclaration d’amour d’un fils qui a toujours été là et qui s’est toujours remis en question même après la mort de celle-ci.

J’ai aimé ce documentaire aussi parce qu’il est bien écrit, comme un roman, avec des personnages réels mais aussi parce qu’il apporte une réflexion sur l’héritage, qu’il soit génétique ou géographique.

Richard Russo ne parle pas que de sa mère, il parle aussi de Gloversville, sa ville d’enfance, la ville de sa famille mais aussi sa source d’inspiration de ses villes fictives.

Il y a d’ailleurs aussi une évocation de l’écriture qui m’a beaucoup plu et sur la place des livres dans la  vie du lecteur qu’il est et que sa mère était.

Ce documentaire a été un beau moment de lecture pour moi, un texte qui pose des questions sur la dépendance et sur la maladie mentale aussi. Je suis ressortie de cette lecture avec l’envie de lire d’autre roman de Richard Russo car la vie qu’il évoque dans ce documentaire semble avoir beaucoup nourri ses textes de fiction.

Sur sa mère : 

 

Sur sa bibliothèque et celle de sa mère : 

 

Sur la lecture : 

 D’ailleurs j’inscris ce texte au Défi Livres de Argali 

Pour l’anécdote, c’est le 3ème livre de Richard Russo que je lis : j’ai lu « la chute de l’empire Whiting » à Istanbul en 2007, « Le pont des soupires » en 2009 à Marrakech (pour le prix de ELLE déjà) et celui-ci, je l’ai lu entre Imlil et Lalla-Takerkoust au Maroc … Je crois que c’est auteur associé aux voyages pour moi!

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« Sulak » de Philippe Jaenada

 

 

Dans le groupe de lectrices de ELLE auquel je participe sur Facebook, certaines m’ont fait comprendre que je ne pouvais pas noter un livre sans l’avoir lu jusqu’au bout (alors que jusqu’ici, j’avais abandonné plusieurs livres sans trop de scrupules, ayant l’intime conviction de les avoir jugés à la lumière de mon appréciation personnelle…) Mais avec un peu de mauvaise conscience j’ai donc lu « Sulak » jusqu’au bout (en accélérant un peu à la fin quand même) et je ne sais pas si Philippe Jaenada remercierait ces lectrices plus « intègres » que moi car si je m’étais arrêté au tiers du livre comme j’ai été tentée de le faire j’aurai sans doute mis 10/20 mais après l’avoir fini, mon exaspération était telle que je lui ai mis 8/20… Elles avaient peut-être raison, finalement… Mais trop tard pour baisser les notes des autres livres abandonnés…

Qu’est-ce qui ne m’a pas plu ? Et bien tout, sauf Bruno Sulak qui était sans doute un homme assez charismatique et fascinant pour devenir un personnage romanesque mais justement, la première chose que je n’arrive pas à comprendre c’est pourquoi « Sulak » est estampillé « roman » car pour moi c’est une biographie, détaillée et installée dans son époque… mais pas un roman… On pourrait même croire que c’est aussi une autobiographie car Philippe Jaenada ne peux s’empêcher de glisser des notes personnelles sur sa propre vie dans le récit ce qui m’a fortement déplu à la longue. Il dit parfois qu’on « se fout » sans doute de ces détails… Je confirme…

Mais peut-être que j’aurai supporté ces digressions si elles n’avaient pas été l’objet d’une multitude de parenthèses (avec parfois des parenthèses DANS les parenthèses et même des phrases commençant par des parenthèses). Il y en a tant et elles sont tellement à rallonge que j’ai parfois du relire les passages qui les précédaient pour savoir de quoi il parlait…

Quant à la vision que Philippe Jaenada a de Bruno Sulak, cela relève un peu de la groupie. J’ai eu l’impression qu’il nous parlait de  « Saint Sulak », du « génie Sulak », du « gentil Sulak » contre les méchants policiers et son parti pris totalement idolâtre est devenu pour moi assez désagréable. Je trouve qu’on passe assez rapidement sur les gens qui sont en prison pour lui, sur sa fille qu’il n’a presque pas vu, sur les femmes dont il est amoureux en même temps (presque interchangeables à la fin).

Pour conclure, j’ai trouvé ce récit fouillis, confus. Je n’ai pas du tout aimé le gadget des parenthèses (après cette lecture j’en viens presque à regretter les / et les notes de bas de pages de Karine Tuil !)

Et puis j’ai trouvé que l’auteur était souvent méprisant avec ceux qui vénéraient pas son héros, et même assez misogyne et vulgaire. Sans compter les accusations sous-entendues alors qu’il reconnaît lui-même qu’il n’est sûr de rien.

Mon livre est d’ailleurs bien corné mais pas parce que j’y ai trouvé de belles phrases (même si j’ai trouvé que Bruno Sulak écrivait de belles lettres en prison à la fin) mais parce que je relevais des passages qui m’énervaient.

Pour tout dire je ne comprends tout simplement l’engouement autour de ce pseudo roman !

Toute petite sélection de ce qui m’a énervée :

 

 

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« En même temps, toute la terre et tout le ciel » de Ruth Ozeki

Ruth qui vit en Colombie Britannique (au Canada) trouve un sac en plastique sur la plage dans lequel il y a le journal d’une jeune japonaise, Nao, qui écrit en anglais.

Ruth a une vie assez isolée au milieu de la nature sauvage auprès de son compagnon après avoir vécu une vie bien plus animée à New York. Elle peine à reprendre l’écriture de son roman et se plonge dans la lecture de la vie de Nao.

Nao est une adolescente qui a grandi aux Etats Unis mais qui est rentrée au Japon quand son père a perdu son emploi. Elle est maltraitée au collège par les autres élèves et son père est dépressif et suicidaire. Elle raconte sa vie mais parle aussi de sa grand-mère Jiko, nonne zen centenaire.

Les passages concernant Nao et Ruth s’alternent et autant j’aimais découvrir Nao un peu plus à chaque fois, autant je ne me suis pas du tout intéressée à Ruth qui ne m’a pas plu. J’ai même été tentée de ne lire que la vie de Nao… mais cela n’aurait pas eu beaucoup de sens. J’avais pourtant envie d’aimer ce livre (l’évocation sur la quatrième de couverture de Murakami qui est un auteur que j’aime bien m’avait attirée) mais je me suis surtout ennuyée. Je n’avais aucun enthousiasme à retrouver les personnages (surtout Ruth et son compagnon qui ne passionnaient décidément pas) et j’ai trouvé que l’alternance trop répétée des deux parties faisait que j’avais à peine le temps de « m’installer » dans la vie d’un personnage. Et puis j’ai trouvé que cela manquait de rythme. Je dois admettre que je ne suis pas allée au bout de ma lecture.

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« Témoin de la nuit » de Kishwar Desai

Durga, une jeune fille d’une famille respectée dans une petite ville d’Inde, est retrouvée attachée et violée dans la maison familiale entourée des 13 cadavres de tous les membres de sa famille. Elle est mise en prison mais un des responsables de la police locale fait appel à une amie de jeunesse pour qu’elle vienne essayer de comprendre la jeune fille mutique et qu’elle essaye de lui faire donner son point de vue.

Simran, qui est travailleuse sociale (entre la détective, la psychologue et l’assistante sociale), interroge Durga, enquête sur son histoire familiale et retrouve des personnes ayant fréquenté la famille. Il s’avère que cette « bonne » famille indienne avait beaucoup de choses à cacher –notamment sur la place des filles en son sein.

Pendant son séjour en prison, Durga écrit son journal et celui-ci entrecoupe l’enquête de Simran et dévoile petit à petit ce qui s’est passé dans cette maison : le soir du meurtre mais aussi avant, dans une vie malheureuse pour les filles de la famille.

Simran est un personnage de femme indienne atypique : une femme moderne qui boit et qui ne cherche pas à se marier à tout prix. Elle dit ce qu’elle pense et ne se laisse pas faire.

Le propos de ce roman est une vraie dénonciation de la manière souvent barbare dont l’arrivée d’une fille dans la famille est traitée mais aussi une critique de la corruption.

J’ai aimé ce polar pour le fond et la forme (le croisement des découvertes de Simran et du journal de Durga) et pour toute l’ambiance très lourde de cette petite ville d’Inde où tout se sait et tout se cache.

Cependant, j’ai été un peu gênée par l’écriture sans pour autant pouvoir mettre le doigt sur ce qui m’a gênée précisément. J’ai trouvé le style un peu maladroit et lourd mais je suis incapable de dire si c’est le style de l’auteur ou la traduction.

Cela fut malgré tout une bonne lecture.

Lu dans le cadre du  2014

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Lecture « Moment/temps » pour ma ligne générale du